Vulgariser l’accessibilité, oui. La dévoyer, non.

Le Journal Du Net a publié le 8 octobre 2014 un article intitulé « Accessibilité numérique – bonne ou mauvaise nouvelle?« . De mon point de vue, la bonne nouvelle est qu’un site « généraliste » et a priori très lu consacre un article au sujet. La mauvaise, c’est le traitement qui en est fait.

Car l’un des grands problèmes et paradoxes de l’accessibilité numérique, c’est que pas grand monde n’est au courant que ça existe, déjà. Donc en parler est forcément un progrès. Maintenant, cet article-là me pose problème tant sur la forme que sur le fond.

Sur la forme

L’article est bourré d’erreurs et d’approximations. Par exemple, préconiser de ne pas accentuer les lettres majuscules, alors que c’est l’inverse qu’il faut recommander (ce qui au passage n’est pas une recommandation d’accessibilité à proprement parler, mais une amélioration de l’expérience utilisateur). Que le fait de ne pas justifier un texte est une préconisation visant les lecteurs d’écran. Qu’un « site de niveau A est réalisable facilement pour de nombreux sites ». Il y est fait référence aux « 61 recommandations de la WAI »… Gné? À part les WCAG 1.0 (hello 2008) et ses 65 recommandations, je ne vois pas. Et qui seraient la base des référentiels nationaux?? LOL!

On va dire que je chipote et qu’il faut être un spécialiste pour comprendre en quoi c’est un problème. Ok, mais il y a aussi des points sur lesquels tout le monde peut se rendre compte que quelque chose cloche.

Par exemple un graphique suggère qu’il y aurait 24% de personnes handicapées (par différence avec 76% de « personnes valides »), incluant les 17% de « handicap[s] dû[s] au vieillissement ». Selon qui? Dans quelle zone géographique? Selon quels critères, quelle méthodologie? Car si on se penche un peu sur la question, notamment en consultant les études de l’INSEE, on se rend compte que c’est une question sacrément complexe, et qu’on ne peut tout simplement pas affirmer précisément combien il y a de personnes handicapées à l’échelle d’un pays… Car savoir ce qui constitue un handicap, en soi, est déjà un casse-tête. Mais ok, ok, je suis un emmerdeur, on peut bien avancer un chiffre, pour donner une idée… Admettons. Sauf que le texte ajoute qu’il y a 20,8 millions de personnes handicapées en France. Donc soit il y a 86,6 millions de personnes en France (20,8 * 100/24), soit y a un blême. Calcul niveau CM2, excusez-moi.

Pourquoi ça m’énerve? Parce que c’est le genre de trucs évidents qui feront penser au lecteur que c’est daubé – et ça l’est; ce chiffre de 20,8 millions, je le connais, il est pompé sur des slides de formation qui m’ont toujours laissé perplexe (l’explication étant qu’en fait on y cumulait nombre de personnes handicapées au sens de l’INSEE et nombre de personnes âgées, ce qui est abusif).

Ok, ooooooookaaaay, tout le monde peut se tromper, 15 millions, 20 millions, c’est bon, c’est pareil, non? Non, pas quand on utilise ce chiffre pour affirmer en sous-texte que ça fait 20 millions d’internautes en moins. Car la réalité est bien plus subtile. On peut être daltonien, dyslexique, unijambiste et avoir 63 ans, sans pour autant être le moins du monde gêné pour consulter un site ayant « délibérément refusé l’accessibilité » (ça existe ça?). Utiliser ce genre de raccourci est intellectuellement malhonnête, et c’est facile de s’en rendre compte. Du coup on suscite le doute, et c’est mauvais in fine pour l’accessibilité.

On a aussi cette affirmation sortie du chapeau: « un récent état des lieux a démontré que seulement 5 % des sites sont accessibles ». Source SVP? Qu’y entend-on par « accessible »? Quels types de sites, quel(s) pays, quelle période? Oh, je sais bien, on entend souvent parler de cet ordre de grandeur, encore récemment une étude coordonnée par BrailleNet (PDF, 584 Ko) tendait à suggérer ce chiffre un peu magique (4% en fait). Sauf qu’on parlait alors de ceux qui avaient publié une déclaration RGAA, parmi un échantillon sélectionné de 600 sites publics en France — dans les faits seul un site semblait tenir ses promesses. On est loin du compte.

Mais il faut savoir que la vérité, c’est que là encore, on ne sait pas. Mieux (ou pire): on ne peut pas savoir. Car ce qui est accessible pour Tanguy ne l’est pas forcément pour Sophie. Tout juste peut-on savoir qu’un site est conforme, ou pas. Mais cela requerrait un tel travail, pour traiter un échantillon significatif, que personne ne le fait (l’étude de Braillenet se base sur un nombre très restreint de tests qui ne peut que rendre compte d’un début de démarche, pas d’une conformité). Un audit complet d’un site pas trop velu prend 2 jours pour un top-expert assisté d’un outil. Personne ne paiera pour ça. Je ne suis même pas sûr que depuis qu’on fait des audits sur la base des WCAG 2.0, il y ait eu, en France, 600 sites audités par l’ensemble des professionnels.

Et quand bien même, ça ne nous dirait pas grand chose. Si mes 5% de sites conformes sont des sites perso, des sites d’agence Web, de sites corporate, de la mairie de Meyzieu (authentique), ou de Montcuq (non là c’est moi qui invente), franchement, intérêt 0. En revanche si c’est Facebook, Amazon et Lemonde.fr, et seulement ceux-là, on est loin des 5% en nombre, mais sans doute bien au-delà en volume – et en utilité.

Alors balancer gratuitement des chiffres comme ça, sans contexte ni recul, c’est juste indigne d’un média de la dimension du JDN. Pourtant c’est pas dur de faire un peu de recherches sérieuses et documentées. Prenez cet article de Romy Duhem-Verdière sur les seniors, par exemple. C’est un blog perso, pourtant les références sont citées, et les chiffres sourcés. Prends-en de la graine, JDN!

Autre problème de forme, puisqu’on parle d’un site a priori réalisé par des professionnels dont c’est le métier: c’est gavé de fautes d’orthographe et de grammaire. On a une légende d’image qui se retrouve en titre de paragraphe. Et puis, très rigolo: pas d’alternative aux images, et les paragraphes sont juste des textes avec des retours chariot… On sent la maîtrise du sujet!

Sur le fond

Commençons par ce titre: « Accessibilité numérique: bonne ou mauvaise nouvelle? ». Quand j’ai vu passer le lien sur Twitter, j’ai cru que cela faisait référence à l’actualité. Avec le RGAA 3 dans les tuyaux, ça faisait effectivement un bon angle. Après tout on a le droit de questionner la pertinence de réviser le RGAA vis-à-vis d’autres chantiers possibles. Mais pas du tout: en fait de nouvelle, rien de nouveau. Pourquoi ce titre? Honnêtement, je ne le comprends pas. L’accessibilité n’est pas un truc qu’on annonce, comme une maladie ou un retournement des marchés. Cette ambiguïté n’apporte rien, ne renseigne sur rien, et crée un doute: donc ça peut être une mauvaise nouvelle? Pour qui? Je dois me méfier? Mince, ça doit mordre ce truc-là… Non, franchement, il y avait 50 autres titres plus accrocheurs et moins anxiogènes.

Mais le gros du problème, selon moi, c’est qu’une fois de plus on se noie dans des considérations annexes de bénéfices collatéraux, certes heureux, mais qui nous écartent du sujet. Car si on évoque bien les personnes handicapées, avec cette phrase sibylline: « Des personnes qui attendent que le numérique fasse office de véritable tremplin dans leur vie », on n’est pas vraiment renseigné sur ce que représente réellement l’accessibilité pour les personnes handicapées.

À ma très modeste échelle, j’ai essayé de savoir, et surtout de le faire dire par les personnes concernées, avec cet article: « Comment un Web accessible changerait-il votre vie? » (le même en anglais). Sans me vanter, il y a dans les commentaires des deux articles une bonne douzaine de témoignages qui, chacun, font plus pour sensibiliser à l’accessibilité Web que 25 articles comme celui du JDN. Autre exemple, cette excellente interview d’Hélène pour Rue89, où l’on touche au véritable cœur des choses. Et où l’on touche au cœur du lecteur, aussi, plus important à mon sens que son cerveau en la matière. La semaine dernière, lors d’un colloque destiné aux clients de ma boîte, tous dans la fonction publique, j’ai fait une présentation de sensibilisation à l’accessibilité. J’aurais pu leur parler de leurs obligations, de leurs devoirs envers la loi et les administrés. Des fameux bénéfices induits. Des différents risques à ne pas faire. J’ai préféré leur montrer cette vidéo (sous-titrée): Demain le Web sera plus humain. Je ne m’y attendais pas, mais à la fin, l’émotion était palpable dans la salle. Ces gens étaient venus pensant qu’on allait leur parler uniquement tarifs, fonctionnalités, règles, évolutions produit. Ils sont repartis avec une bonne dose d’empathie.

Car c’est le principal reproche que je fais à cet article du JDN, et à toutes les approches qui contournent le vrai sens de l’accessibilité, pour tenter de nous enfumer avec des promesses de page ranks mirifiques et de chiffres d’affaire explosifs. On s’y assoit sur la dimension humaine, la seule qui vaille vraiment. Jusqu’à cette phrase juste ignoble dans ce contexte: « il est impératif que chaque page d’un site soit pensée afin de faciliter la navigation des robots d’indexation ». Euh, non, JDN. Pense-là pour tes utilisateurs, et pour eux seuls. Google se démerdera bien avec ta page parce que tu te seras préoccupé de tes utilisateurs. Pas l’inverse.

Alors, oui, je suis en colère contre cet article. D’abord parce qu’il savonne la planche pour tous ceux qui font ce métier honnêtement, avec l’obsession de l’utilisateur, tout en rendant compte à des clients un peu éblouis par ce genre de miroirs aux alouettes. Ensuite parce qu’on a raté – une fois de plus – l’occasion de publier un article véritablement valable dans un média suffisamment lu pour que ça provoque des choses positives en dehors des cercles de convaincus.

Une fois de plus, on a confondu vulgariser, et dévoyer.

17 thoughts on “Vulgariser l’accessibilité, oui. La dévoyer, non.”

  1. Ces derniers jours, j’ai vu passer l’URL de cet article du JDN, ainsi que son titre. Figure-toi que je me suis abstenu de le lire (et, à l’heure où j’écris ces lignes, je ne l’ai toujours pas lu), me méfiant de ce qu’un tel média « généraliste » pourrait dire à ce sujet. En te lisant, je me rends compte que mon intuition a vu juste.

    1. Hello Victor,
      je ne peux que t’inviter à lire par toi-même, histoire de te faire ta propre opinion. Et puis tu auras peut-être d’autres choses à apporter au débat!

  2. Bonjour Olivier,

    Tu y vas fort, mais je ne peux pas te le reprocher.

    J’ai aussi lu cette article et je me suis fait plus ou moins les mêmes remarques. Mais je ne pouvais descendre l’auteur. Ce genre d’initiatives, même si elles sont gauches, doivent être encouragées.

    J’ai toutefois demandé les sources, car je pense également que c’est indispensable.

    1. Salut Régis,
      Tu noteras que pas une fois je ne mentionne l’auteure. Mes griefs s’adressent tous au JDN. Après tout, rédiger des articles est un métier, et visiblement ce n’est pas celui de l’auteure. C’est la responsabilité du site que de vérifier la qualité des publications. Là, les fautes évidentes, l’irrespect des règles de base de construction et de citation des sources, prouvent que le JDN a traité le sujet par-dessus la jambe, et n’a même pas pris la peine de faire relire. C’est là qu’est la faute, et l’indice d’une indifférence complète au sujet.
      En l’occurrence, j’ai des soupçons sur les intentions réelles qui ont motivé cet article, mais n’ayant pas d’infos je préfère les garder pour moi.
      Quoiqu’il en soit, je considère que ce n’est pas parce que l’accessibilité est généralement ignorée, ou abordée avec négligence, qu’on doit se contenter de cela. Pourquoi manquons-nous autant d’ambition? Comme si on devait se satisfaire de la médiocrité? Sujet que j’avais abordé dans cet article: En accessibilité, les bonnes intentions ne suffisent pas toujours.
      L’accessibilité est un sujet important, et intéressant. Arrêtons-nous de nous limiter au « c’est déjà bien »!

  3. Merci Olivier pour ce billet. Je partage entièrement ton indignation et ta colère. Ça fait du bien de lire un billet intelligent rappelant que l’accessibilité c’est d’abord pour les personnes handicapées. Que c’est une question humaine avant tout.

    Bref, encore merci.

  4. J’ai seulement commencé l’article en question et complètement décroché.

    Par contre ton article m’accroche, me donne de nouvelles choses intéressantes à lire et comprendre.

    À une échelle réduite, le JDN est un peu le « Voici » de l’univers web. Vulgarisation et gros titres qui piquent les yeux, c’est tout ce qu’ils font. Dans un domaine que je maîtrise mieux, ils avaient publié il y a quelques temps un article sur le Responsive Web Design, qui était non seulement truffé d’erreurs, mais qui allait également à contresens de la notion de Responsive. En revanche, mon employeur de l’époque découvrait ces nouvelles pratiques grâce au JDN et y a perçu une opportunité commerciale.

    Pas besoin de faire un dessin. Le point positif, c’est qu’une publicité, même mauvaise, reste une publicité. Et il est fort probable que pas mal de lecteurs du JDN ont découvert la terminologie de l’accessibilité numérique… Et il ne nous reste qu’à espérer que les gens intéressés sauront trouver ce blog et la myriade de communautés, blogs et entreprises qui font avancer l’accessibilité numérique !

  5. Oui mais non. Je suis d’accord pour vulgariser, malgré le risque d’approximation que cela induit, mais il y a mieux à faire pour vulgariser l’accessibilité. Si l’effort est louable, cet article contient, outre les approximations, des erreurs et véhicule des idées fausses (faisant notamment passer les niveaux d’accessibilité pour des niveaux de difficulté de mise en œuvre).

    Sinon, ça fait drôle de se découvrir citée comme exemple dans ton billet ! Merci pour l’éloge ! Et @JDN, si tu passes par là, demande-moi : j’écrivais ton prochain papier sur l’accessibilité. Vulgarisé et compréhensible, t’inquiètes.

    1. 🙂 récemment j’ai fait des recherches sur le thème des seniors, et ton article a été pour moi un excellent point de départ, riche en idées et infos. Ça me paraissait naturel de le citer en exemple.
      Sinon, oui, très bon point concernant les niveaux. Encore un truc sur lequel on risque de passer du temps à faire revenir les gens en arrière…

  6. Je ne reviens pas sur ce qui a déjà été dit sur les erreurs, manque de sources et autres approximations de l’article du JDN.
    Mais je souhaite revenir sur le fait d’utiliser des arguments chiffrés qui s’adressent au cerveau plutôt que des arguments humains qui s’adressent au cœur (pour reprendre ton image).
    Que dans un média tel que le JDN on mette en avant l’accessibilité comme un avantage marketing, financier est pour moi une bonne façon de mettre le pied dans la porte.
    Bien sûr, il y a le risque que cela dérive (comme ça a pu être le cas avec le SEO et ses pléthores de mots-clé rentrés au chausse-pied). Mais, cela va peut-être permettre à ceux qui n’étaient pas touchés par les arguments précédents de commencer à se poser la question.
    De plus, c’est un fait, l’accessibilité n’a pas pour seul avantage l’accès aux personnes souffrant d’un handicap. C’est l’idée que j’ai défendue à Accesiday (http://fr.slideshare.net/DelphineMalassingne/accessibilit-numrique-mais-au-fait-de-quoi-on-parle-accessiday-mai-2014-caen-france) (Ouf, j’ai mis les sources et mes capitales sont accentuées 😉 )
    Au plaisir d’en discuter plus longuement,
    Delphine

    1. Tu as écrit: « Que dans un média tel que le JDN on mette en avant l’accessibilité comme un avantage marketing, financier est pour moi une bonne façon de mettre le pied dans la porte. »
      Je n’ai aucun problème avec ça. En revanche, le faire comme c’est fait, de manière aussi putassière, et en négligeant totalement la dimension centrale de l’accessibilité, là, oui, j’ai du mal…
      Si on veut marketer l’accessibilité, on peut le faire avec rigueur et talent, ça portera mille fois plus que via un article ni fait ni à faire, où il est facile pour un lecteur un peu attentif de se rendre compte que le sujet est bâclé et mal maîtrisé, tu ne penses pas?

  7. Je reviens sur ta phrase : « Alors balancer gratuitement des chiffres comme ça, sans contexte ni recul, c’est juste indigne d’un média de la dimension du JDN. »

    En fait, le JDN n’a rien à voir là dedans, dans le sens où je ne pense pas qu’il y ait quelqu’un au JDN qui relise dans le détail tous les articles des contributeurs, vérifie les sources et les chiffres, etc.
    Concernant le processus de publication au JDN, je peux faire un retour d’expérience. Je ne sais pas si ça se passe comme ça tout le temps mais si tu veux publier quelque chose sur le JDN, il faut d’abord avoir tes « entrées ».
    En général, c’est une agence de communication qui a les bons contacts pour proposer au JDN des contributions de ses clients (ici Neoxia). Il y a effectivement une forte volonté de vulgariser et rédiger des articles lisibles par M. Tout le Monde pour ce support (ces articles étant d’ailleurs souvent réécrits par l’agence elle-même). Ce qui a souvent pour conséquence fâcheuse d’appauvrir le fond de l’article, voire de dévoyer plus ou moins le propos de base.
    Si cet article a été publié, ce n’est pas parce que le JDN s’intéresse particulièrement à ce sujet, c’est juste que quelqu’un (Neoxia) a proposé un article sur un sujet qui sortait un peu du lot des articles buzz du moment (cloud, mobile, big data). Le fait de proposer des trucs « différents » au bon moment compte aussi.

    1. Merci pour ce retour d’expérience, Yann.
      J’aurais en revanche tendance à dire que le JDN est, justement, entièrement responsable en l’occurrence. Le directeur de publication, d’après les mentions légales, est le PDG du groupe qui édite le JDN. Donc pas d’ambiguïté là-dessus: s’ils publient des gags, à eux d’assumer les rires. Le process que tu décris ne reflète qu’une négligence coupable. Cela ne les absout en rien.
      Supposons qu’une publication enfreigne une loi quelconque (incitation à la haine raciale, ou que sais-je), c’est bien eux qui en seraient considérés comme responsables…

  8. A trop s’énerver la prochaine il feront un article sur un autre sujet et tout le monde pourra continuer de raler dans son coin.Le plus constructif serait éventuellement d’apporter des rectifications si nécessaire dans les commentaires.

    1. Oui, bien sûr. Acceptons la médiocrité, hein, après tout, qui sommes-nous, et que défendons-nous, pour oser demander que l’on présente des faits exacts, argumentés, et correctement rédigés?
      Ta réaction me fait penser à celle des gens qui disent: « oh eh, ok, l’ascenseur ne marche jamais, mais déjà, on a pensé à vous, les handicapés, alors museau, ok? ».
      Non, désolé, je ne vois aucune (AUCUNE) raison d’accepter la médiocrité, sur ce sujet ou un autre. L’accessibilité est un sujet riche, intéressant, et on pouvait en faire 10 articles capables de captiver le grand public. Suffisait de s’en donner la peine, et de demander aux bonnes personnes.
      Quant à ta proposition pour être plus constructif: j’y songe depuis le début. Le souci c’est que 1. C’est beaucoup de boulot de rectifier cet article point à point. 2. Pourquoi ce serait aux lecteurs de le faire? Pourquoi pas aux rédacteurs de faire leur boulot? Un peu comme si je me plaignais de la plomberie et réparais moi-même, en gros.
      Et puis je vais te dire, avec 100% de chances d’avoir raison: le JDN s’en fout de ce qu’on en dit. Mais alors, d’une force… À l’heure qu’il est, l’article a été partagé 200 fois sur les réseaux sociaux, les 10 encarts de pub ont été affichés plusieurs milliers de fois probablement, le tout sans aucun investissement de leur part. Donc où est le problème?
      Alors m’étonnerait qu’ils se préoccupent de ce qu’en disent les lecteurs.

      1. Je ne partage pas ton point de vue, la graphiste qui a rédigé l’article y a passé forcément un peu de temps. Son article n’est peu être pas parfait mais pour le commun des développeurs web qui ne connait pas la définition du mot accessibilité je pense que c’est toujours positif. A priori elle n’est pas handicapé et son métier principale est le graphisme, donc elle ne peut pas être aussi pointue sur le sujet que toi. Je pense que dénigrer l’article ne peut que la décourager à continuer dans cette voix. Je pense pas que les erreurs commises soient volontaires. Ce n’est pas se contenter de la médiocrité mais accepter que tout ne puisse être parfait. D’autant qu’une série de 10 articles aurait plutot tendance à faire fuire un publique non averti.

        1. Voir ma réponse à Régis plus haut: pour moi l’auteure n’est pas la personne à blâmer. En revanche je trouve la négligence de l’éditeur totalement antiprofessionnelle.
          Perso je soutiens qu’on peut produire des papiers de qualité, grand public, intéressants (les anglos-saxons le font), alors pourquoi ne le ferait-on pas? Je le répète: pourquoi se contenter de si peu?
          Le problème est qu’on n’a pas beaucoup mieux à se mettre sous la dent. L’article de Rue89 est un heureux contre-exemple. Mais c’est si rare…
          Maintenant, tant qu’on n’ouvrira pas notre gueule pour le dire, sûr que ça ne motivera pas les wannabe auteurs à se casser un peu le tronc pour sortir un papier qui ne soit pas qu’une vague régurgitation de slides mal assimilés.
          Dire qu’on ferait fuir le public non averti, c’est ne faire confiance ni aux auteurs (capables) ni aux lecteurs (intelligents). Et puis un bon article vaut de toute façon mieux qu’un mauvais, Gaël le dit très bien: il a essayé, et il a décroché. Or, le sujet le passionne. J’ose pas imaginer pour les gens qui ne s’y intéressent que mollement.

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