Après la « présidence normale », un Paris Web « normal »

Je découvre aujourd’hui comme beaucoup d’autres le programme de Paris Web 2012. Et je dois avouer une  petite déception sur laquelle il m’a semblé utile de m’exprimer.

Cette année PW affiche environ 30 heures de conférences ou mini-conférences dont 1h30 à peine consacrée à l’accessibilité, soit 5% des conférences. Autrement dit une quasi-éradication d’un des thèmes fondateurs tel que c’est (encore) exprimé par le slogan « Web design, qualité et accessibilité ».

Il est vrai, ceci expliquant sans doute cela, que la session 2011 avait été riche dans ce domaine et qu’il y a eu visiblement une volonté du comité de sélection de procéder à un rééquilibrage.

En revanche, et c’est le sujet de ce petit billet d’humeur, le rééquilibrage en question me semble très proche d’une véritable erreur de casting, même si, après tout, le comité de sélection fait très exactement ce qu’il veut.

2012 et 2013 sont des années charnières dans notre domaine: il y a en ce moment des mouvements de fond particulièrement importants, les vieux débats semblent clos et l’accessibilité est entrée dans une phase particulièrement délicate d’industrialisation. Et pour être encore plus précis: de refondation.

Comme attendu dans la feuille de route off-screen de WAI, les dogmes tombent un à un, la notion de conformité fortement discutée par le terrain laisse la place à des réflexions de fond sur la notion d’indicateurs, d’accessibilité réelle ou d’usage, qui finiront par révolutionner le domaine.

La progressivité des méthodes d’évaluation et de suivi, des méthodologies et des stratégies de prise en charge, de maintenance et de gestion de projets accessibles n’est même plus un sujet d’interrogation, c’est devenu un problème crucial à résoudre d’urgence.

L’utilisateur fait son grand retour et des passerelles opérationnelles se tissent enfin avec des domaines proches comme l’ergonomie, le design for all, et on commence même à parler de test utilisateurs.

Enfin le tsunami patiemment mis en place depuis trois ans par le WhatWG ne cesse de grossir et pourrait bien déferler beaucoup plus vite que prévu, ce qui est pour nous autres professionnels du domaine un défi immense.

Pour ce qui nous concerne de plus près, en France, nous constatons, depuis la fin de l’année 2011, une évolution rapide, brouillonne, et quelquefois maladroite, de l’appropriation du domaine par les professionnels, le marché est en tension et les attentes sont immenses.

Pour être un brin caricatural, l’exercice 2012-2013 pourrait bien ressembler à une sorte d’an 01 de l’accessibilité, pour le meilleur et pour le pire, car dans ce domaine le pire est toujours le plus prévisible.

Et le pire se nourrit principalement de considérer que ce domaine est un sujet comme un autre. L’accessibilité n’est pas un sujet comme un autre, et son premier besoin, son minimum vital, c’est que la pression ne retombe jamais. Et c’est encore plus particulièrement crucial dans des modèles de sociétés comme le nôtre, où le traitement habituel du handicap est essentiellement humanitaire, à la différence de certains traits culturels anglo-saxons beaucoup plus favorables.

Notre domaine est fragile, et même si le thème s’est installé, il a plus que jamais besoin des très rares espaces de visibilité qui lui sont consacrés.

S’il était important et fondamental de parler d’accessibilité en 2005, il est encore plus crucial de le faire en 2012.

Il n’y a jamais eu autant de choses à dire, et pour partie, à répéter inlassablement. Il n’y a jamais eu autant de gens sérieux, au faite de leur professionnalisme, pour le dire. Il n’y a jamais eu autant d’idées, d’initiatives et de propositions intelligentes.

Il n’y a jamais eu moins d’intérêt pour le domaine à Paris Web que cette année. C’est vraiment dommage, et cette année blanche pour le domaine ne pouvait pas plus mal tomber.

21 thoughts on “Après la « présidence normale », un Paris Web « normal »”

    1. Je dirais qu’au moins 2 de nos 3 propositions (je dis « nos » car en fait c’est JPV et moi) rentraient dans le sujet dont parle l’article. Bien sûr, je ne sais pas pour les autres…

  1. Ce billet d’humeur est d’autant plus retentissant qu’à ma connaissance, parmi ceux qui ont proposé des sujets et ont été recalés, certains ont proposé uniquement des sujets tournant autour de l’accessibilité : Olivier Nourry (trois propositions, dévoilées sur Twitter : http://twitter.com/OlivierNourry/status/215425457439510528) et moi-même (deux propositions : Accessibilité et Web mobile par quelques exemples, d’une part, et HTML 5, CSS 3 et accessibilité, d’autre part). Et j’ignore s’il y en a d’autres dans le même cas de figure.

    Une si faible proportion d’accessibilité dans le programme des conférences a, dores et déjà, un impact négatif sur l’édition 2012 de Paris Web : une personne de l’équipe de modération d’Alsacréations ne s’y rendra pas, déclarant qu’elle regardera les trois conférences qui l’intéressent (oui, vous avez bien lu, trois ! sur plusieurs dizaines)… de son lieu de travail. Et dire que l’association Paris Web est actuellement dirigée par l’un des nôtres (c’est un expert Accessiweb qui parle) !

    Bref, j’ose espérer que la fin 2012 ne sera pas la fin d’un monde : celui où l’accessibilité est abordée à Paris Web…

  2. J’ai du mal à voir ce qui est reproché, nous avons accepté 3 sujets sur l’accessibilité : http://www.paris-web.fr/2012/recherche/accessibilite
    Ainsi que multiples sujets satellites portant sur l’expérience utilisateur et équivalents.
    Il va de soi que l’accessibilité à autant sa place à Paris Web aujourd’hui qu’elle l’avait il y a 6 ans lors de notre première édition.
    Cependant, l’ensemble du secteur Internet évolue, de nouveaux métiers apparaissent, des méthodologies se profilent, des technologies émergent,… bref, il existe aujourd’hui une multitude de sujets nouveaux à traiter sur lesquels nous ne pouvons faire l’impasse et dont nous voulons faire profiter nos auditeurs.
    Nous ne voulons pas d’un événement au cours duquel nous traitons exclusivement d’un sujet, nous voulons embrasser la diversité et accueillir tout le monde, permettre un échange riche et intégrer tous les corps de métiers.
    Je suis persuadé que cela favorise la prise de conscience des difficultés de chacun et favorise la résolution de ces derniers.
    C’est à ça que sert Paris Web, s’entraider.

    1. Pour répondre à Stéphane Deschamps qui me posait la question en privé, je ne suis pas Gérard, et ce n’est pas moi qui vient faire de la pub à mes tweets ici-même 😉

      1. Je confirme Elie, mais le trait d’humour étant tellement bon et twitter étant publique, je me suis dit, « dommage de garder cela sur twitter » … il faut redonner vie aux commentaires des blogs 😉 (un grand sujet d’actualité)

  3. Bonjour Jean-Pierre, (bonjour Olivier,)

    J’avais promis que je ne répondrai pas, on me reprochera de ne peut-être pas être objectif, mais puisqu’on s’est mis à parler de moi, je me permets d’intervenir (juste une fois).

    Victor, subtilité peut-être je préside l’association, je ne la dirige pas. J’y vois une différence 🙂

    Avant, d’être président de Paris-Web, je suis avant tout un spécialiste et un professionnel de l’accessibilité (je passe d’ailleurs bien plus de temps à cette activité). J’interviens à ce titre dans la conversation et à ce titre seulement, je le promets (tous mes propos sur ce commentaire ne représentent en aucun cas et ne sauraient engager l’association).

    J’ai été à plusieurs reprises orateur et auditeur à Paris Web, l’accessibilité, comme les standards et la qualité, fait partie du cœur de l’événement. Ce n’est pas parce qu’il n’y a pas ou peu de conférences qui traitent directement du sujet que celui-ci n’est pas abordé.

    Je me souviens l’année dernière d’une réaction d’un caméraman à la fin de l’événement : « Je ne comprends rien à ce qu’il se dit, mais s’il y a une chose que je retiens, c’est un mot qui revient tout le temps : accessibilité ». Il venait de filmer une salle sans aucune conférence dont le thème principal était l’accessibilité.

    Si je regarde le programme, je suis absolument certain
    – que Marko Dugonjić parlera d’accessibilité dans sa conférence sur la typographie,
    – que Cyril Balit parlera d’accessibilité dans sa conférence sur l’amélioration continue,
    – que Julien Wajsberg parlera d’accessibilité dans sa conférence autour d’HTML5 et CSS3,
    – qu’Ismaël Le Mouel parlera d’accessibilité dans sa conférence orientée sociale,
    – que Sébastien Desbenoit parlera d’accessibilité dans sa conférence sur les pictogrammes,
    – etc.

    En tant qu’auditeur, ce que j’attends c’est que la qualité, l’accessibilité et les standards ne soient pas bafoués dans les conférences. Et d’ailleurs, lorsque c’est le cas, il y a systématiquement un auditeur bien veillant pour le rappeler à l’orateur ou l’oratrice (j’y ai assisté à bien des reprises).

    Je vous invite d’ailleurs Jean-Pierre et Olivier à vous inscrire et à venir une première fois à Paris Web pour vous en rendre compte sur place.

    Il y a un autre point, le dernier : conférenciers et intervenants parlant d’accessibilité : soyons sexy, soyons originaux et soyons à la page ! Honnêtement, depuis quelques années, les conférences d’accessibilité se ressemblent toutes, on recycle les sujets, on rabâche en gros, qu’est-ce qu’on est emm******* ! C’est un avis purement personnel, mais je le pense vraiment : j’ai été régulièrement déçu par les conférences accessibilité auxquelles j’assistai en qualité de spectateur à Paris Web et dans beaucoup d’autres événements.

    Il faut certes continuer (encore et encore) à sensibiliser, mais arrêtons de nous adresser de la même façon à tous. Le public de Paris Web est en grande partie constitué de convaincus, donnons leur les moyens de rêver en parlant d’accessibilité !

    Il faut sensibiliser et convaincre la majorité, donner aux uns les moyens d’avancer efficacement et inciter les autres à tester et expérimenter.

    Bref, comme membre de l’équipe de Paris-Web, j’espère très honnêtement avoir les yeux qui brillent à la lecture des propositions qui seront reçues l’année prochaine sur le thème de l’accessibilité. Et comme, il est trop simple de parler (ou d’écrire), je m’en vais préparer un sujet original à soumettre à une conférence d’auditeurs déjà convaincus.

    Amicalement,
    Sébastien.

    1. Bon je craignais, comme l’à fait justement remarqué stéphane dans un tweet, un effet troll et finalement certaines choses dans les commentaires apparaissent intéressantes.
      Ceci dit, pour répondre à ton commentaire, je ne sais pas vraiment à qu’elles difficultés tu te trouves confronté mais je n’ai jamais eu l’impression d’être emmerdant, bien au contraire, je suis toujours aussi surpris de l’accueil bienveillant du public à chacune des interventions que j’ai pu faire ou auxquelles j’ai pu assister.
      Je suis en revanche assez dubitatif sur les vertus aphrodisiaques des techniques de communication positives pour l’accessibilité. J’ai commencé le métier dans un pays (US) et à une époque (2000) où le problème n’était pas franchement envisagé sous l’angle des frissons dans le creux des reins mais sous celui de la reconnaissance d’un droit inaliénable à vivre normalement. Il suffit ensuite de constater les années lumières d’avance prises là bas même si, comme je le rappelais dans mon billet, les différences culturelles jouent un, rôle non négligeable.
      Mais attention avant d’être pris pour un clergyman tristounet je n’ai rien contre le hashtag #sharethelove sur l’air de « si tous les gars du monde », c’est super fun et évidemment important mais ça ne peut pas suffire sous peine de devenir un simple cache-sexe (pour rester dans le thème imposé).
      Je vois également une contradiction quand tu dis qu’on ne cesse de rabâcher les mêmes choses emmerdantes et tue-l’amour au moment même où la communauté déborde d’idées toutes plus détonantes les unes que les autres.
      Après mon billet n’était pas forcément un reproche mais plutôt l’expression d’une frustation (finalement t’as raison la dialectique des sens est intéressante).
      Mais bon finalement ce n’est pas si grave à nous de faire preuve d’imagination donc pour trouver d’autres vecteurs de diffusion. Je continue juste à trouver ça un peut dommage de voir ce formidable tremplin ne faire cette année que des petits clins d’oeil tout aussi langoureux fussent-ils.
      Et j’en profite en passant pour signaler l’intéressante programmation des RMLL sur le sujet…

      Jean-Pierre

      1. Marrant, j’avais proposé un sujet « sortons l’accessibilité du misérabilisme », qui en substance proposait de dynamiter cette approche #sharethelove qui ne marche que chez les convaincus. Je vois que les grands esprits se rencontrent. ^^

        Ceci dit, je vois que certains d’entre vous ne sont jamais allés à Paris-web, vous y verrez que l’accessibilité y est très présente, surtout dans les rencontres (j’ai discuté avec pleins de gens biens l’année dernière, j’étais même surpris que ça en parle autant, jusqu’à l’écœurement) et dans le mode de fonctionnement (vélotypie, etc.).

        A mon sens, l’accessibilité doit arrêter d’attendre :

        – Vous voulez qu’on en fasse ? Démocratisez-la gratuitement.
        – Vous voulez que les gens s’en préoccupent ? N’attendez plus qu’ils aillent vers vous, allez vers eux.
        – Les gens trouvent ça chiant ? Rendez-y sexy, bandant, mouillant.
        – C’est un problème d’égo, vous n’êtes pas assez écoutés ? Faites-le pour vous, par pour avoir de la reconnaissance. Ou attribuez-vous vous-même votre reconnaissance.
        – Cela ne va pas assez vite ? Mais ma bonne dame, vous vous attaquez à la mentalité, il nous a fallu déjà presque 2000 ans pour dire que les hommes sont égaux et libres, et on n’arrive pas encore à l’appliquer ! Alors un point de détail de 10-15 ans sur un petit réseau d’ordinateurs, mais qu’est-ce qu’on s’en fout ! 🙂

        Les discussions et branlettes intellectuelles d’experts dans un domaine n’intéressent.. que les experts adeptes de discussions et de branlettes intellectuelles dans le même domaine. Je ne dis pas qu’il n’en faut pas (j’en suis le premier adepte dans les domaines qui m’intéressent). Je constate à mon très petit niveau d’accessibilité que mes préoccupations de code valide et de structure hx, c’est du chinois pour les 3/4 des gens. Alors, ergoter 4 jours sur un alt… z’êtes mignons les copains, mais j’ai pas le temps, j’ai besoin de solutions simples !

        Et les intégrateurs, hein ? On n’en parle jamais assez ! Car franchement, vos trucs d’accessibilité, z’êtes gentils, mais si y avait pas les intégrateurs qui montent au front(-end) pour appliquer tout ce merdier, vous seriez quand même bien emmerdés, hein !

        (du second degré et de la totale provoque se sont glissés dans ce message, saurez-vous retrouver les phrases qui ne les contiennent pas ? Attention, il y a un piège)

        1. +1 pour cet avis, je ne suis pas sûr que Parisweb soit le lieu parler savante méthodo destinée à trouver le degré exacte de l’accessibilité réel d’une page ou indicateurs d’accessibilité ou autres choses destinées uniquement à des experts accessibilité. Pour ça il y a le forum européen, CSUN, AW, etc. Quand aux différents projets visant à aider l’implémentation de l’accessibilité (MIPAW, jaccede web, accessibility steps notamment) elles sont encore trop jeunes à mon gout alors autant éviter le vaporware méthodologique.

          Je ne pense pas que nous vivons un an 1 de l’accessibilité. Nous vivons un an 1 du développement web dans son ensemble. Comme yvg l’a dit l’arrivée de tout un tas de nouveaux sujets importants pour tous les utilisateurs y compris les personnes handicapés comme la sécurité, le respect de la vie privé, l’échange de donnée entre terminaux, sans parler de l’évolution des standards techniques eux même fait que oui il y a pleins d’autres choses à évoquer 😉

  4. Comme j’aime bien les données réelles. À part l’année 2010 où je n’ai pas le découpage ateliers/confs, j’ai compté les conférences dédiées à l’accessibilité.

    2006: 1 sujets / 14 = 7%
    2007: 5 sujets / 13 = 39 %
    2008: 4 sujets / 20 = 20%
    2009: 1 sujet / 22 = 5%
    2010: 8 sujets / 54 = 15% (pas de distinctions ateliers/conférences)
    2011: 4 sujets / 32 = 13%

    2012: 3 sujets / 43 = 7%

    Donc un millésime faisant partie des années, 2006, 2009 et 2012. tous les 3 ans ?

    Cependant, cela ne me choque pas. Je pense aussi qu’il est plus important d’entendre parler d’accessibilité ainsi que de sécurité, de respect de la vie privée, etc. dans tous les talks que d’avoir forcément des talks dédiés uniquement à cela et qui finalement n’exposent que les gens déjà curieux du sujet.

    1. Bon on peut voir les choses un peut différemment aussi : en 2011 7h30 de conf/ateliers dédiés, en 2012 30 minutes en deux mini conf et 1 heure par effet d’escalier.
      Mais au final la réponse de Sébastien même si elle n’est que son avis personnel me semble satisfaisante en ce sens qu’elle illustre un choix assumé.
      D’autant que si j’ai bien compris le débat est clos : https://twitter.com/notabene/status/215539356830674944 (bon je taquines hein…)

      A vrai dire je ne suis pas plus choqué que ça mais je pense, pour le vivre tous les jours dans des environnements pourtant très favorables, qu’il est essentiel de faire les deux.
      Depuis 11 ans que je bosse mon principal problème n’est pas de maintenir les compétences acquises par exemple, mon soucis est plus simplement de maintenir le sujet vivant dans des équipes pourtant motivées.
      Parler d’accessibilité en petites touches dans toutes les confs c’est bien, c’est essentiel mais ça ne sert à rien si parallèlement on ne maintient pas un focus fort sur le sujet.
      Tu dis que des talks dédiés uniquement à ce thème n’exposent que les gens déjà curieux du sujet et tu à raison mais je pense que cette exposition si nous voulons avoir quelques succès doit être à la fois permanente et de plus en plus spécialisée.
      Faute de quoi je crains que le risque soit grand que l’accessibilité ne soit considérée que comme un vecteur de qualité là où elle ne devrait être, fondamentalement, qu’un pré-requis fonctionnel.
      Il est possible également que je fasse erreur sur le rôle que pourrais jouer PW dans la nécessaire spécialisation du domaine. A relire le message d’yves (yvg) je me dit que finalement PW qui affiche des ambitions clairement généralistes n’est déjà plus le vecteur ad »hoc pour les besoins du domaine en termes de communication, de promotion et d’échange à l’aube d’une période qui va tous nous boulversifier et dont je pense que nous ne mesurons pas assez les conséquences en même temps que les formidables opportunités.
      .

      1. S’il ne tenait qu’à moi, à Paris-Web, il n’y aurait que du HTTP parce que je pense que très peu de développeurs Web comprennent l’architecture Web dans sa dimension humaine de partage de l’information. 😉 J’exagère. Nous avons chacun nos sens de priorité. Je pense que l’accessibilité est *très* présente à Paris Web et ça pour parcourir de nombreuses conférences Web dans le monde.

        Pour une personne dédiée dans le domaine, bien sûr ce sera frustrant de voir qu’il n’y en a pas plus. Cf le HTTP en haut.

        Ceci dit, pour une période charnière, je trouve qu’il y a des choses qui ne se font plus dans la communauté Web. Depuis que Jean-Jacques Solari et moi-même avons arrêté les traductions de spec du W3C, plus personne n’a pris le relais, et notamment les specs en accessibilité. 🙂

        1. Karl, tu oublies le travail remarquable qu’a effectué Braillenet pour la traduction en français des WCAG 2.0 (traduction officielle et reconnue comme telle par le W3C). 😉

          1. Merci Victor pour ce rappel important 🙂
            (je souligne tout le travail effectué par le Comité de traduction mis en place à cette occasion)

  5. yvg, je sais très bien que, parmi les orateurs de l’édition 2012, figurent Armony Altinier et Tanguy Lohéac, qui présenteront tous deux un sujet sur l’accessibilité. Tu dis que trois sujets sur l’accessibilité ont été retenus ; mais, trois sujets sur un total de combien de conférences ? Plusieurs dizaines (j’ai vu circuler le chiffre de 70, dont j’ignore s’il est exact) ! C’est cette proportion particulièrement faible (d’autant plus que le mot accessibilité fait partie du slogan, pour ainsi dire, de Paris Web) qui a du mal à passer chez un certain nombre d’acteurs de l’accessibilité du Web. Et je ne crois pas que les évocations de l’accessibilité dans les conférences citées par Sébastien (encore faut-il que leurs orateurs respectifs y songent), voire les éventuelles questions de l’auditoire interpellant au sujet de l’accessibilité, suffisent à inviter Jean-Pierre et d’autres a réviser leur opinion sur l’édition 2012 de Paris Web.

    Sébastien, en ce qui concerne la subtilité, au temps pour moi. 😉

  6. Jean-Pierre, viens à Paris Web, tu verras que la richesse de l’évènement se fait autant en OFF que sur scène et que l’accessibilité y est omniprésente.

    Chris Heilmann avait reconnu que dans toutes les conférences Web généralistes auxquelles il avait assisté – et il en a fait un paquet – Paris Web était exemplaire sur le sujet.

    Paris Web a énormément fait progresser la cause de l’accessibilité en France et continuera de le faire , je n’ai aucun doute là dessus.

  7. Même si les problématiques dont tu parles auraient sans doute mérité une ptite place, je pense qu’à Paris web, l’accessibilité est tellement infusée qu’elle se trouve en fait distribuée dans chacune des confs. Et je pense que le message est d’autant plus fort, car, avouons le, les auditeurs qui se foutent de l’accessibilité n’iront pas voir une conf spécifique sur l’accessibilité. Alors que là, avec un message distribué, ils sont peu à peu sensibilisés presque sans s’en apercevoir.

    Comme l’a dit Sébastien, moi j’ai prévu d’en parler un peu, mais attention, je suis loin d’être un expert, mais c’est pas grave. Montrer au public que dans chacune de nos actions (pour moi: le développement mobile/desktop/vieux clous), l’accessibilité doit être présente.

    Après, il manque peut-être une conf un peu « de fond », plus structurelle, effectivement. Est-ce que Paris-Web est le bon lieu pour ça, ou faut-il rester dans la prise de conscience ? Il faut bien faire des choix 🙂

  8. J’ai assisté à PW les deux dernières années, cela va être ma 3° édition. J’ai vu le PW « in » et le PW « off ». Et je confirme qu’un joyeux mélange est fait entre:
    – rendre accessible une conférence (dont le sujet pourrait être l’art de faire un fondant au chocolat),
    – et faire des conférences sur l’accessibilité du web.

    Reprenons les grandes idées:

    * les confs accessibilité sont rasoir:

    Certaines interventions sont fatigantes, j’en conviens. En attendant, avec Victor on a assisté à une leçon magistrale de démocratisation de l’accessibilité par JPV à CRAW2012 avec pédagogie, humour, et exemples réels. Bref, même après 10 ans à voir des « présentation de l’accessibilité », je m’en suis léché les babines.

    * on a fait le tour de l’accessibilité:

    Il n’y a qu’à voir les résultats de l’Observatoire de l’Accessibilité pour comprendre qu’on est à des années-lumière de ce constat, et que la réalité est tout autre http://observatoire-accessibilite.org/ Dit autrement, ya du pain sur la planche.

    * il faut parler simplement au public:

    Je dis oui des deux mains des deux pieds ! Et quand je vois ce que nos clients vivent, je pense qu’on n’a pas fini de remplir l’océan au goutte à goutte ! J’ai glané des témoignages d’équipes techniques qui cravachent, de commanditaires perdus au milieu des obligations légales, des chefs de projets qui en perdent leur planning parmi les AccessiWeb, RGAA, WCAG, W3C. Et c’est fort de ces retours terrain de « vrais gens » que j’avais proposé un sujet de conf pour partager ces vécus et apporter les solutions qui ont fonctionné (et les autres aussi !). Ce sujet n’a pas été retenu, soit. Je comprends les choix difficiles que rencontrent les organisateurs d’une manifestation (d’autant plus que j’ai largement participé à l’organisation des Journées du [logiciel] Libre à Montpellier pendant 5ans, qui se sont soldées par la venue de Richard Stallman himself et +600 visiteurs pour une manifestation régionale). En attendant, les chiffres sont là: 3 confs sur 43. Et pour une conférence qui met « accessibilité » dans son slogan, il y a de quoi faire tousser les professionnels du métier…

    Terminons par une note positive, PW continue à prendre de l’ampleur et c’est très bien. Gageons qu’elle saura grandir et comprendre les véritables enjeux de l’accessibilité au-delà du handicap ou des derniers jouets technologiques.

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